Covid-19 : quelles aides pour les entreprises ?

L’intensification de la pandémie du Covid-19 bouleverse peu à peu l’ensemble des secteurs économiques partout dans le monde. Bruno Le Maire l’a déclaré la semaine dernière au micro de RTL : « Il y a une guerre contre le virus, il y a aussi une guerre économique et financière ».

Le gouvernement annonce au fil des semaines des mesures pour aider les entreprises, quel que soit leur taille ou leur secteur d’activité, à surmonter cette crise. L’objectif : éviter autant de faillites que possible, tout en préparant peu à peu un rebond en fin de crise.

Coronavirus : un plan d’urgence pour soutenir les entreprises françaises

Selon l’Insee, la perte d’activité économique en France s’élèverait à 35 % par rapport à la normale.

Pour soutenir les entreprises et leurs salariés, le gouvernement mobilise d’importantes sommes affectées à divers aides et dispositifs.

Le gouvernement a tout d’abord déclaré allouer une somme de 45 milliards d’euros pour le financement du chômage partiel des salariés, ainsi que le report des charges fiscales et sociales des entreprises.

La création d’un fonds de solidarité d’un montant d’1 milliard d’euros permettra quant à lui de verser une aide de 1 500 € aux petites entreprises et indépendants ayant perdu la majorité ou la totalité de leur chiffre d’affaires.

Enfin, l’État a annoncé mobiliser 300 milliards d’euros pour garantir les prêts professionnels sollicités par les entreprises dans le besoin. Ce dispositif sera essentiellement géré par Bpifrance, la Banque Publique d’Investissement.

Covid-19 : les aides offertes aux entreprises

Face au Covid-19, le gouvernement annonce au fil de l’eau une batterie d’aides et de mesures pour limiter au maximum les faillites des entreprises françaises. Ces dispositifs visent également, dans une moindre mesure, à aider les entreprises à rebondir après la crise.

Une aide de 1 500 € aux TPE et entrepreneurs individuels

Les plus petites entreprises (réalisant moins d’un million de chiffre d’affaires annuel), les entrepreneurs individuels et les auto-entrepreneurs ont été entendus par le gouvernement. Pour pallier leur baisse de chiffre d’affaires, ils recevront une aide mensuelle d’un montant probable de 1 500 €. En cas de nécessité, au cas par cas, l’aide pourrait être plus élevée.

Pour en bénéficier, il faudrait démontrer avoir perdu au moins 70 % de son chiffre d’affaires entre mars 2019 et mars 2020. Les entreprises et indépendants contraints de fermer leur commerce pourraient également en bénéficier.

Bien que le principe ait été acté par l’ordonnance en Conseil des Ministres le 25 mars, un décret se fait attendre pour préciser les modalités d’application de l’aide. Les données ci-dessus restent donc à confirmer.

Un report possible des impôts et cotisations sociales

En réponse à la crise du coronavirus, les organismes sociaux ont aménagé le paiement des cotisations sociales. Les employeurs peuvent ainsi reporter tout ou partie de leurs cotisations salariales et patronales. Les modalités de ces mesures exceptionnelles diffèrent selon la taille de l’entreprise.

Les entreprises de moins de 50 salariés ont ainsi pu modifier leur ordre de paiement jusqu’au 19 mars à 7h, et contacter leur banque de 7h à 12h pour rejeter le prélèvement en cours.

Les cotisations peuvent en outre être reportées jusqu’à 3 mois. Aucune pénalité ne peut être appliquée.

Les entreprises de plus de 50 salariés, dont la date d’échéance Urssaf intervient le 5 du mois peuvent quant à elles reporter tout ou partie du paiement de leurs charges salariales et patronales pour l’échéance du 5 avril 2020.

La date de paiement de ces cotisations pourra être reportée jusqu’à 3 mois.

Des mesures spécifiques ont également été prises pour les travailleurs indépendants et les micro-entrepreneurs.

Le site de l’URSSAF met régulièrement à jour ces informations. Retrouvez également de plus amples informations à ce sujet en consultant la FAQ de manager.one.

Quant au report d’impôts directs, il est possible de s’adresser au Service des Impôts pour formuler une demande de report de prélèvement.

Consultez la FAQ de manager.one pour retrouver des informations supplémentaires.

Un report du paiement des loyers et factures

Les arrêtés du 14 et du 16 mars 2020 ont imposé la fermeture des lieux publics non indispensables à la vie de la Nation (salles de conférences, salles de spectacles, centres commerciaux, restaurants, débits de boissons, salles de jeux, bibliothèques, établissements sportifs couverts, musées).

De nombreux commerçants, contraints de stopper toute activité, accusent alors de lourdes pertes. Cependant, ils ne peuvent d’eux-mêmes invoquer ce motif auprès de leur bailleur pour justifier le non-paiement des loyers.

Pour ne pas les pénaliser plus que de raison, le Président de la République a annoncé dans son allocution du 16 mars 2020 que des mesures seraient prises pour que les entreprises en difficulté n’aient « rien à débourser, ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales. Les factures d’eau, de gaz, d’électricité, ainsi que les loyers devront être suspendus ».

L’ordonnance relative au paiement des loyers, des facteurs d’eau, de gaz et d’électricité des professionnelles a été adoptée en Conseil des Ministres ce mercredi 25 mars. Sont concernées par ces mesures de faveur les entreprises répondant aux critères fixés par un décret ultérieur.

Les fournisseurs d’eau et d’énergie ne pourront pas suspendre ou interrompre leur service auprès des entreprises ayant stoppé le paiement de leurs factures. L’interdiction court jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire.

Les entreprises en difficulté pourront en outre demander le rééchelonnement sur 6 mois du paiement de leurs factures impayées pendant la période d’état d’urgence sanitaire.

Les bailleurs professionnels et commerciaux ne pourront en outre pas appliquer de pénalités financières, intérêts de retard ou encore dommages-intérêts, ni actionner les cautions, pour les factures arrivant à échéance au cours des 4 prochains mois.

Retrouvez de plus amples informations à ce sujet en consultant la FAQ de manager.one.

Une garantie des prêts bancaires professionnels

L’épidémie augmente mathématiquement les besoins en liquidités des entreprises, alors massivement contraintes de souscrire des prêts. Cependant, difficile d’obtenir un prêt bancaire professionnel en cas de difficultés économiques.

Pour pallier cette difficulté, l’État a prévu une enveloppe de 300 milliards d’euros permettant de garantir les lignes de trésorerie bancaires.

C’est Bpifance qui se chargera d’accorder des garanties. Selon Nicolas Dufourcq, directeur général de l’institution, « Toutes les équipes sont mobilisées, à travers nos cinquante implantations régionales, pour soutenir les TPE et PME dans la crise qu’elles traversent à cause du Coronavirus. Le dispositif éprouvé de la garantie est une réponse d’impact massif, qui pourra les aider à passer ce cap difficile ».

Quant aux garanties classiques des crédits d’investissement, souscrites avant la crise, elles sont prolongées pour accompagner les réaménagements opérés par les banques.

Bpifrance ne se contente cependant pas que de garantir les prêts aux entreprises. La banque publique d’investissement propose également des prêts de soutien à la trésorerie. Conclus sans garantie, ils sont une fois de plus réservés aux entreprises. C’est le cas du prêt Rebond et du prêt Atout.

Enfin, les crédits moyen et long terme souscrits auprès de Bpifrance avant la crise sont quant à eux rééchelonnés automatiquement.

Un plan de trésorerie pour sauver les start-ups françaises

En complément de ces dispositifs d’aide aux entreprises françaises, les start-ups bénéficient de mesures spécifiques.

Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, justifie cela par le modèle particulier des start-ups, qui ne réalisent souvent pas de chiffre d’affaires au cours de leurs premières années d’existence. La crise sanitaire et économique risquerait alors d’avoir des conséquences dramatiques sur leur développement.


Cédric O a ainsi annoncé, mercredi 25 mars, un plan spécifique de soutien à la trésorerie des start-ups, d’un montant global de 4 milliards d’euros.

Ce plan spécifique regroupe quatre séries d’aides indirectes :

  • Le remboursement accéléré des crédits d’impôt, parmi lesquels le Crédit Impôt Recherche, représentant à lui seul 1,5 milliard d’euros.
  • Le versement accéléré des Aides à l’Innovation du programme d’investissements avenir (PIA), déjà attribuées mais non encore versées.
  • La garantie des prêts de trésorerie aux start-ups par Bpifrance, à hauteur de 2 milliards d’euros.
  • Le financement de bridges entre deux levées de fonds à hauteur de 80 millions d’euros.

Consultez notre article dédié pour obtenir de plus amples informations.

L’actualité évoluant très rapidement ces jours-ci, cet article sera progressivement mis à jour au gré des annonces du gouvernement et nouveautés législatives.