Le partage de connaissance à la portée de tous : rencontre avec Wilfried Granier, fondateur de Superprof

manager.one est allée à la rencontre de Wilfried Granier, fondateur de Superprof, une plateforme qui propose d’être mis en relation avec 11 millions de professeurs spécialisés dans plus de 1000 disciplines, partout dans le monde.

Pouvez-vous présenter Superprof à nos lecteurs ? Pourquoi avoir fondé cette entreprise en 2013 ?

Superprof est un site web de confiance dédié au partage de connaissances. Il permet à chacun de donner ou de trouver, via un moteur de recherche précis, des cours dans + de 1000 disciplines (scolaires, artistiques, sportives ou autres). Déployée dans 30 pays et en 14 langues, la plateforme compte environ 11 millions de professeurs, coachs et artistes à travers le monde !

A l’image du concept d’AirBnb qui visait à démocratiser la location d’appartements entre particuliers, l’idée de Superprof était de proposer au + grand nombre une plateforme autour de l’apprentissage, avec d’un côté un éventail très large d’activités et de l’autre des professeurs passionnés, qualifiés et évalués par la communauté. Chacun peut ainsi trouver facilement SON professeur parfait dans le domaine de SON choix !

Quel est votre business model ?

Afin de proposer le + large choix possible d’activités et de professeurs, l’inscription est gratuite pour ces derniers. Ce sont les élèves qui vont souscrire à un « Pass Elève » leur permettant de contacter pendant 1 mois tous les professeurs ayant une annonce qui les intéresse. Des frais uniques (de 29 euros) sont prélevés à l’élève dès lors qu’il trouve un ou plusieurs professeurs pour l’aider (sans limite de durée).

Superprof offre la possibilité de régler les cours aux professeurs directement en ligne, sachant que ceux-ci fixent eux-mêmes leurs tarifs, que la société ne prend aucune commission et que les tarifs sont donc très attractifs (avec en outre le 1er cours qui est bien souvent offert).

L’activité de Superprof a-t-elle connu des changements significatifs ces dernières années ? Les comportements et les besoins ont-ils évolué ?

Le marché des cours particuliers est en forte croissance depuis plusieurs années. La demande de cours est non seulement en hausse mais s’est aussi diversifiée. Nous nous efforçons donc d’intégrer régulièrement de nouvelles disciplines, comme récemment le chess boxing (mélange de boxe et de jeu d’échecs).

De par la technologie actuelle et leur aspect pratique, les cours par webcam sont aussi de + en + répandus. La crise sanitaire a eu certes un impact sur l’activité mais cela n’a pas empêché beaucoup de nos membres de continuer à suivre des cours (nous avons nous-même pu proposer sur nos réseaux sociaux des cours en live, publics et gratuits).

Quels canaux utilisez-vous pour faire connaître Superprof aux yeux du public ?

Le référencement sur Google est une priorité pour nous. Les internautes cherchant un professeur de confiance près de chez eux sur le net peuvent ainsi voir que Superprof est prêt à répondre à leur besoin. Nous sommes évidemment présents et joignables sur les différents réseaux sociaux (FB, Instagram, Twitter), diffusant notamment des lives (séances de découverte ou cours scolaires) relatifs à diverses disciplines.

Depuis 2013, Superprof connaît un succès exponentiel, avec des millions d’élèves et de professeurs, mais sans jamais faire de levée de fonds. Comment expliquez-vous cela ? Quels ont été les ingrédients clés de votre succès ?

Les résultats financiers de Superprof (avec un taux de croissance annuel moyen de 100% et un CA de + de 7 millions d’euros en 2019) nous permettent d’envisager l’avenir sereinement et de continuer à nous développer tout en gardant cette indépendance chère à Wilfried Granier, son fondateur.

Plusieurs éléments peuvent expliquer le succès de Superprof : une arrivée précoce sur le marché du cours particuliers (en 2013, l’offre était faible et peu étoffée), un site bien pensé pour faciliter la recherche, l’organisation et le paiement des cours, un développement à l’international conduit par des natifs des pays visés et une équipe soudée autour d’un projet fédérateur, celui de faciliter l’accès à l’éducation et de permettre à des gens du monde entier de partager leurs passions, d’apprendre et d’explorer tout type d’univers.

Vous êtes aujourd’hui présents dans 28 pays. Quelle a été votre stratégie à l’international ? Avez-vous misé sur votre expansion à l’étranger dès le démarrage de l’activité ?

Superprof repose sur un postulat simple et universel : nous avons tous des connaissances à partager ou à apprendre, quel que soit le lieu ou le domaine ! L’expansion à l’étranger était donc naturelle et voulue dès le départ, tout comme la création d’une société multiculturelle, composée de “country managers” venus du monde entier et travaillant ensemble au sein d’un même bureau parisien (qu’on a appelé l’ambassade).

Si les 2 premières années ont été consacrées à l’élaboration du site et au développement de la communauté française, la plateforme a été déployée dès 2015 dans 4 pays européens, dont la Belgique et l’Espagne. En 2016, Superprof se retrouve présent également en Amérique (des US au Brésil en passant par le Mexique). Désormais, nos services sont disponibles en Asie (notamment en Inde et au Japon), en Afrique (avec le Nigéria et l’Afrique du sud) mais aussi en Australie !

Notre stratégie de développement s’appuie sur des rachats de sites qui nous permettent d’intégrer une communauté de professeurs et d’élèves déjà construite mais surtout de pouvoir répondre aux exigences spécifiques à chaque pays. Récemment, c’est TutorHub, le plus ancien site de cours particuliers en Angleterre, que nous avons racheté.

Nous sommes très fiers de promouvoir le partage de connaissances sur les 5 continents et de permettre par exemple aux utilisateurs, via l’interconnection entre tous les sites, de prendre des cours par webcam avec un prof étranger vivant à des milliers de kilomètres de chez lui !

Auriez-vous des conseils à donner à une entreprise souhaitant s’internationaliser ? Quels en sont les enjeux ?

Pour tous les pays, différentes problématiques se posent : le référencement sur Google, la législation relative au travail, les moyens de paiement utilisés par la population, le niveau de vie de la population et les frais d’inscription qui en dépendent. Chaque lancement est une aventure, incertaine mais stimulante ! Il semble primordial de se reposer sur l’expérience et le savoir de personnes originaires des pays en question afin de répondre au mieux aux attentes des utilisateurs (sur le site mais aussi sur les réseaux sociaux) et proposer à ces derniers une expérience “locale”, adaptée à la culture et à la langue.

Comment votre activité a-t-elle évolué avec la crise de la Covid-19 ?

La crise étant mondiale, tous les sites Superprof ont été impactés et ont connu une perte d’activité pour ce qui concerne les disciplines impossibles à suivre en ligne (car nécessitant un contact physique ou des infrastructures). Il y a néanmoins eu une forte augmentation du nombre global de demandes de cours par webcam, en particulier pour les matières scolaires.

Quelles sont vos ambitions pour Superprof ?

Avant la fin de l’année, Superprof ouvrira de nouvelles relations en Europe avec l’Autriche, la Pologne, la Suisse germanophone et italophone et la Belgique flamande. Superprof s’invitera en Corée du sud et en Arabie Saoudite.

Parallèlement à ce développement à l’international, l’équipe produit essaie d’améliorer constamment l’expérience utilisateurs (paiement en ligne, agenda…). Une application mobile est en cours de développement et devrait arriver dans les semaines à venir.

Nos remerciements à Wilfried Granier, fondateur de Superprof.
Propos rapportés par l’équipe de manager.one.

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