Indy, l’application qui simplifie la comptabilité des indépendants : Rencontre avec son CEO et co-fondateur, Côme Fouques.

Fondée en 2016, Indy est un outil intelligent qui automatise la comptabilité des entreprises individuelles. La start-up fait ainsi gagner énormément de temps aux entrepreneurs en leur permettant de gérer eux-même leur comptabilité.

Pour le Journal du Manager, Côme Fouques, son CEO et co-fondateur, revient sur son parcours et partage avec nous l’histoire d’Indy.

Quelles sont les grandes étapes de votre parcours professionnel et entrepreneurial ?

Pendant mes études, j’ai lancé ma première entreprise de vidéo en ligne pour faire du soutien scolaire gratuit à grande échelle. Ce projet a été un beau succès d’audience. Il m’a permis d’en tirer des leçons, d’identifier les actions qui fonctionnent ainsi que mes erreurs.

À cette époque, alors que j’étais trésorier du BDE de mon école, je me suis confronté aux logiciels de comptabilité du marché. Une question m’est rapidement venue : « comment une comptabilité si simple pouvait-elle être aussi compliquée ? » Dès lors, la graine Indy commençait à germer.

Ensuite, j’ai rejoint Adways en tant que Product Manager pendant 3 ans. Cela en gardant en tête l’idée de monter le projet aux USA et de créer de nouveaux partenariats. J’ai vite compris qu’il allait être difficile de s’imposer dans le jeu tant le niveau d’exigence était élevé. Je suis donc rentré en France afin de fonder une nouvelle entreprise ambitieuse, reprenant les standards de la Silicon Valley. Indy est alors née.

Comment fonctionne la technologie mise au point par vos équipes ?

Le logiciel d’Indy fonctionne en 3 étapes. La première est la saisie des dépenses et recettes via une synchronisation avec le compte bancaire. La saisie est alors entièrement automatisée. La deuxième est la catégorisation des transactions, transformées en lignes comptables. La troisième est le remplissage automatique des déclarations et télétransmission de la liasse fiscale.

Nous nous appuyons sur le machine learning pour automatiser la catégorisation des transactions. De plus, nous utilisons des algorithmes pour générer et télétransmettre directement la liasse fiscale à l’administration.

Pour résumer, nous souhaitons automatiser le plus de choses possible pour permettre à nos utilisateurs de gagner du temps et de la tranquillité d’esprit.

Quel est le business model d’Indy ?

Le business model est à l’image de notre outil, il est extrêmement simple. Nous fonctionnons par abonnement SaaS. L’idée est de proposer une solution facile à utiliser au quotidien grâce à des interfaces classiques et à un support client 5 étoiles, le tout à des tarifs bien plus bas que ceux d’un expert-comptable.

À cet effet, nous avons mis en place deux offres. La première offre est à destination des entreprises individuelles à l’impôt sur le revenu. Tandis que la seconde offre s’adresse à des établissements à l’impôt sur les sociétés. Il n’existe aucuns frais d’implémentation, de services, d’option supplémentaire. Tout est compris dans un abonnement sans engagement.

Comment le secteur de la comptabilité va-t-il évoluer ces 5 prochaines années ?

Nous faisons le pari que les indépendants souhaiteront de plus en plus reprendre la main sur leur comptabilité. Les futurs entrepreneurs en début d’activité auront pour réflexe de se rendre sur internet à la recherche d’une solution automatisée, disponible instantanément, plutôt que de contacter des cabinets d’experts-comptables pour sous-traiter.

Aussi, avec la forte démocratisation de l’intelligence artificielle, la précomptabilité sera forcément automatisée rapidement pour gagner en agilité et en efficacité. Par précomptabilité, j’entends la tenue comptable. C’est-à-dire faire le rapprochement bancaire, collecter les transactions, les catégoriser, associer les justificatifs correspondants. Bientôt, cette pratique ne sera plus faite à la main grâce à la brique technologique accessible à tous. Nous avons un exemple similaire avec les néobanques qui font de la catégorisation d’opérations automatique et même les banques traditionnelles s’y mettent. L’automatisation pour les autres actions qui relèvent du conseil et de l’optimisation fiscale est quant à elle bien plus complexe.

Est-ce que dans 5 ans tout sera automatisé ? Non. Néanmoins, quel que soit le scénario, le secteur de la comptabilité évoluera et le travail des experts-comptables sera de se recentrer sur le conseil.

Avez-vous des concurrents ? Comment vous démarquez-vous ? 

Nos concurrents sont pour la plupart des experts-comptables. Parmi eux, certains ont monté une offre marketing et se positionnent comme des cabinets en ligne. Nous avions à nos débuts un concurrent historique, BNC Express, qui proposait aux professions libérales un logiciel pour traiter en autonomie sa comptabilité. Nous avons eu l’opportunité de racheter ce dernier en juin 2019.

Il y a un bon nombre de facteurs qui nous différencient de nos concurrents. D’abord le prix de notre solution. Nous sommes 4 à 5 fois moins chers qu’un expert-comptable. Ensuite la simplicité, notre logiciel permet d’être beaucoup plus efficace que le papier grâce aux différentes briques technologiques. Enfin, par rapport aux autres logiciels comptables, l’accompagnement et la satisfaction.

Notre promesse est d’avoir une application simple et un accompagnement qui passent forcément par de l’humain. On surinvestit aujourd’hui dans le support client de manière à avoir en moyenne 98 % de satisfaction sur 12 mois. Il s’agit de standards de qualité qui sont très élevés, car notre pari est de faire de chaque interaction client un moment unique.

Quelles stratégies et actions ont contribué au succès d’Indy depuis 2016 ? 

Au départ, ce qui a bien marché, c’est la rigueur. Nous nous sommes imposé de rester concentrés pour bâtir le produit et tester notre idée auprès des clients le plus tôt possible. Cela nous a évité de nous éparpiller sur des sujets secondaires aussi bien techniquement que commercialement. Par exemple, nous aurions pu choisir de gérer nous-mêmes nos serveurs, de nouer des partenariats, de faire de la communication… mais, sur le moment, nous avons préféré spécifier, coder et montrer la solution aux prospects.

De plus, nous avons verticalisé le plus possible la solution dès le départ. Nous avons commencé par les professions paramédicales et plus finement les kinésithérapeutes et podologues. Une fois que la base était solide, nous nous sommes tournés vers les autres professions médicales puis de manière plus générale, vers les professions libérales. Cela nous a permis de gonfler progressivement la taille du marché adressable.

Ensuite, une fois notre premier produit pour le segment BNC bien amorcé, nous nous sommes diversifiés, en ouvrant le segment IS pour agrandir notre cible de prospection. Tout l’enjeu était de choisir le bon moment pour prendre du recul sur notre premier produit afin d’en lancer un autre pour qu’il devienne à son tour un succès.

À propos des actions d’acquisition, nous avons testé de nombreux axes. Aussitôt, nous avons participé à des salons sur ces professions et adapté les messages marketing pour qu’ils soient les plus personnalisés possibles. C’est une technique assez efficace et simple pour créer un maximum d’adhésion. Des opérations traditionnelles de l’online marketing ont été mises en place. Parmi elles, on cite la publicité sur les réseaux sociaux, des campagnes d’emailing et la création d’un blog qui aujourd’hui apporte énormément de réponses aux questions des indépendants.

Nous avons également beaucoup misé sur la prospection téléphonique qui porte ses fruits et qui est particulièrement complémentaire du marketing.

Vous avez fondé Indy avec plusieurs associés. Comment garantir de bonnes relations entre associés et avancer efficacement ? 

Dans un premier temps, il faut penser au pourquoi. Plusieurs moyens existent lorsqu’on souhaite créer une entreprise. Le plus important, dès le début, est de vérifier qu’il y a un alignement entre tous les associés. Effectivement, certains désirent pousser la société le plus loin possible pendant que d’autres espèrent la revendre au bout de quelques années. Il est vital de s’assurer d’être au même niveau d’ambition. Combien de temps va durer le match sur lequel on s’engage ? 2 ans ou 20 ans ?

Puis, il faut penser au comment. Dès le début, nous nous sommes réunis autour d’une table afin de partager ce que nous avions le plus et le moins aimé dans nos précédentes expériences. Il fallait ensuite définir la grille concernant le recrutement, les valeurs et le fonctionnement de la boîte.

Je pense que le plus important, c’est de se faire confiance. Attention, il ne faut pas se faire une confiance aveugle, car la remise en question et les débats entre cofondateurs peuvent être sains et constructifs. Mais il s’agit de se faire confiance mutuellement sur le fait que chacun opère pour l’intérêt de la start-up.

Enfin, les cofondateurs doivent s’ouvrir au reste des employés et éviter de rester entre eux. Cela permet de favoriser la transparence et l’ownership de tout le monde dans l’entreprise. Tous les quatre, on ne se voit en cercle fermé qu’une fois par mois autour d’un verre, et on discute peu sur des canaux privés entre associés.

Sur quoi misez-vous pour votre développement ? 

Nous misons clairement sur la création de valeur qu’on va offrir aux consommateurs : aussi bien les améliorations du produit que l’épanouissement de l’équipe support client pour être aux petits soins de nos utilisateurs. Cela se traduit par de l’investissement sur ce qu’on fournit à nos consommateurs actuels, mais également sur ce qu’on pourrait apporter aux indépendants qui n’ont pas encore été convertis. On va par exemple s’ouvrir à d’autres segments clients et proposer une application mobile.

Nous misons aussi sur notre développement sur le territoire américain. En effet, nous avons lancé une première version de notre produit aux États-Unis à la rentrée (septembre 2021). À ce jour, nous enregistrons nos premiers clients payants et des retours très enthousiastes. C’est un marché à 20 milliards de dollars où le principal acteur détient aujourd’hui un peu plus de 1 %. Nous sommes très optimistes sur notre capacité à nous faire une place aux Etats-Unis.

 

Nos remerciements à Côme Fouques, CEO et co-fondateur de Indy.
Propos rapportés par l’équipe de manager.one

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