Cityscoot, le scooter électrique en libre-service qui conquiert l’Europe : rencontre avec son fondateur et CEO, Bertrand Fleurose

Fondé en 2014, le service de location de scooter électrique, Cityscoot, est aujourd’hui présent dans de nombreuses grandes villes d’Europe. Pour le Journal du Manager, son fondateur Bertrand Fleurose, revient sur les avantages et les enjeux de l’électromobilité.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Cityscoot ? Pourquoi avoir décidé de vous lancer sur le marché du scooter électrique ?

Je suis un passionné de mobilité depuis toujours. Avant de créer Cityscoot je dirigeais un garage dans le 17e arrondissement. En 2014, j’ai eu l’intuition que le scooter électrique partagé pourrait contribuer à réduire la pollution, le bruit et la place dédiée au véhicule individuel à Paris. L’aventure Cityscoot a alors commencé avec nos tout premiers prototypes que nous avons créés, expérimentés et améliorés avant de lancer le service en 2016 avec le soutien de la Mairie de Paris. Cityscoot est le pionnier du free-floating en France bien avant que les opérateurs de trottinettes ne popularisent ce fonctionnement.

Quels sont les intérêts de la technologie électrique, tant pour vous que pour les utilisateurs ?

La technologie électrique ne fait pas de bruit, elle n’émet pas de CO2 à l’usage, ni de particules fines. Le confort de conduite s’en trouve ainsi amélioré. Et si vous utilisez un Cityscoot vous constaterez que cette technologie rend nos deux roues très vifs et donc particulièrement adaptés à la conduite en ville.

Comment le marché des nouvelles mobilités a-t-il évolué ces dernières années ?

Ce marché est composé de dizaines d’acteurs, petits pour la plupart, opérant tous types de véhicules. Avec plus de 12 millions de trajets réalisés à bord de nos 7 000 scooters électriques, Cityscoot est le plus gros opérateur européen de scooters électriques partagés. Notre objectif est bien sûr de rester dans la course, en développant notre service dans de nouvelles villes et en construisant des partenariats avec d’autres acteurs qu’Uber.

À quelles problématiques les entreprises des nouvelles mobilités sont-elles confrontées ?

Aujourd’hui, notre modèle est particulièrement robuste : nous maîtrisons à la fois la dimension technologique du service sur les questions d’IT et la dimension opérationnelle notamment en matière de gestion des batteries. L’enjeu est aujourd’hui de cibler les bonnes villes pour se développer. L’investissement dans chaque ville où nous nous lançons est important et il faut du temps pour trouver le point d’équilibre. Cela nécessite donc un travail d’analyse et des moyens importants.

Quels ingrédients ont permis à Cityscoot de se développer en France et en Italie ?

Les deux principaux facteurs clés de succès sont la disponibilité des scooters – vous en trouvez un à moins de 100 mètres en moyenne en tout point de Paris – et la fiabilité du service qui est disponible 24h/24 et 7jours/7. Ensuite, l’intérêt de l’opinion publique et des consommateurs pour les questions de protection de l’environnement a aussi beaucoup joué dans le succès du service. Nous nous sommes lancés dans un contexte favorable !

Pouvez-vous nous parler de votre partenariat d’intégration avec Uber ? Qu’est-ce que cela va apporter à Cityscoot ?

Ce partenariat est important car il permet à Cityscoot d’atteindre la communauté des utilisateurs d’Uber et de bénéficier de la force de frappe de l’application dans laquelle on peut désormais réserver un VTC, un vélo, une trottinette ou un scooter Cityscoot. Il s’agit pour nous de poursuivre notre développement et de continuer d’accroître notre base clients à Paris et dans les villes où nous opérons. Le partenariat est aujourd’hui aussi effectif à Nice.

Vous êtes présents à Paris, Nice et Milan et avez annoncé vouloir conquérir Barcelone. Prévoyez-vous de vous installer autre part cette année ?

Nous avons lancé le service à Barcelone cet été et continuons d’étudier de nouveaux développements. Nous souhaitons ouvrir une nouvelle ville en Europe l’année prochaine. Mais pour l’heure, compte tenu du contexte sanitaire, notre objectif est avant tout de consolider notre présence dans les villes existantes.

Comptez-vous investir le marché des trottinettes électriques ?

Nous ne prévoyons pas de développement sur le marché des trottinettes électriques, en revanche nous croyons à la complémentarité du scooter électrique et du vélo électrique.

Comment voyez-vous l’activité de Cityscoot dans 5 ans ?

Dans 5 ans, nous pensons que les villes européennes auront toutes adopté des mesures visant à améliorer la qualité de l’air et à réduire le bruit. Les modes de transports électriques et partagés bénéficieront naturellement de ces régulations. Ces éléments devraient porter la croissance de Cityscoot encore plus haut dans les prochaines années !

Nos remerciements à Bertrand Fleurose, fondateur et CEO de Cityscoot.
Propos rapportés par l’équipe de manager.one.

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